• Amulettes - de Véronique Ajarrag

    Amulettes, de Véronique AjarragRésumé : Lorsque le docteur Ian, psychiatre, reçoit pour la première fois sa mystérieuse patiente Agrippine et qu’il cède à sa requête de ne se consacrer qu’à son cas personnel pendant toute une semaine, il est loin d'imaginer qu'il ne sera pas simplement le témoin du récit fantastique de la jeune femme mais également l'un de ses principaux acteurs. Car, tel qu’elle le déclare, Agrippine est l'objet de réincarnations successives qui remontent jusqu’à la Mésopotamie ancienne, où son bien-aimé et elle, citoyens du royaume d’Uruk, furent condamnés pour l’éternité. Devant les arguments et la précision de son histoire, le docteur commence peu à peu à douter et ses certitudes vacillent.

    Et si depuis l’antiquité, tous les amants maudits n'avaient été qu'un seul et même couple?

    "Amulettes" est l'un de mes livres "Imaginales 2013". Ma lecture date de cet été et je pensais très sincèrement avoir écrit cette chronique, au moins sur le papier. Si je l'ai fait, je l'ai perdue... c'est donc "à froid" que je vais vous faire partager cette lecture.
    Ce livre est arrivé dans la bibliothèque par hasard, il ne faisait pas partie de ma liste (mais quand j'achète des livres, j'en prends toujours plus que prévu), en me rendant pour la première fois aux Imaginales, j'ai appris très vite et à mes dépends que c'était dangereux pour le porte-monnaie ! Bref, ce n'est pas le sujet.

    Véronique Ajarrag était présente et a su me vendre son roman il faut l'avouer.
    J'aime les histoires de vies antérieures.

    Il y a plusieurs narrateurs dans cette histoire, l'un d'eux est Ian, l'un des protagonistes principaux. Le jeune homme est psychiatre, et se défend devant l'ordre des médecins qui doivent statuer sur son sort : est-il capable d'exercer encore ? La raison de ce jugement est l'une de ses patientes, Agrippine... le lecteur apprend donc, progressivement, ce qui a amené Ian dans cette situation. Les retours en arrière sont fréquents dans ce livre. Entre les flash back d'Agrippine, le récit de Ian face aux médecins, et ce qui se passe ici et ailleurs, je me suis parfois égarée. Mais l'histoire à son intérêt malgré l'aspect parfois décousu du récit.
    Sur certains points, la défense de Ian m'a fait penser aux récits de Gullliver, qui essaie de prouver qu'il n'est pas fou et à bien fait tous ces voyages fabuleux. Et c'est aussi de cette façon que j'ai perçu ce roman, le lecteur aussi a besoin d'être convaincu.
    La démarche d'Agrippine auprès de Ian est peu commune. Elle lui demande de lui consacrer une semaine, période durant laquelle, il ne devra se consacrer qu'à son cas uniquement, étrange non ? Elle convainc, plutôt facilement, le jeune médecin, dont la curiosité prend le dessus.
    Et l'histoire d'Agrippine est particulière. Elle prétend être la réincarnation d'Ishtar (pas la déesse), une princesse sumérienne, qui a été maudite avec son amant, et qui ne cesse de se réincarner avec lui... mais d'autres les suivent, et à chaque fois, mettent un terme à leur amour. La mort les rattrape avant qu'ils n'aient pu se retrouver. Et c'est son aide qu'elle demande, elle veut comprendre.
    Elle veut aussi, rompre cette malédiction qui l'accable.
    Ian va accepter, au début par curiosité scientifique, puis avec un tout autre sentiment, qui va devenir obsessionnel. 

    On pourrait facilement croire que c'est cette histoire d'amour presque impossible qui prend toute la place du récit, il n'en est rien. Agrippine disparaît mystérieusement, enlevée. Par qui ? Pourquoi ? La malédiction l'a t-elle rattrapée ? Ou Ian se fait-il mener en bateau par une jeune femme à la santé mentale mise en doute ?
    C'est ce qui intrigue aussi dans "Amulettes", c'est qu'on ne sait pas vraiment ce qui est vrai ou faux.  Je voulais croire en l'histoire d'Agrippine mais par moments, j'ai douté. Est-ce que Ian n'est qu'une victime influencée par sa folie ? Ou est-ce que c'est bien plus que ça ? L'aspect changeant de la narration en rajoute, on se perd, on n'hésite... les idées se bousculent. La folie nous guetterait-elle aussi ? (Je ne sais pas si c'était voulu par l'auteur, mais c'est comme ça que je l'ai perçu par moments).

    On s'amuse à chercher qui est qui dans cette nouvelle vie, pour certains c'est évident, pour d'autres inattendus.

    Pour les points négatifs, certaines choses n'ont pas été, pour moi, assez développées, notamment les autres vies d'Agrippine. Tout est, à raisons, centré sur sa première vie, puisque c'est cette époque qui est à l'origine de la malédiction. Mais j'aurais aimé plus de détails. De la même façon, un dénouement plus long et moins facile aurait été appréciable.
    Malgré ma formation d'archéologue, je ne développerais pas mon avis sur l'aspect historique du roman, car la civilisation sumérienne n'est pas ma spécialité, donc je ne jugerais pas. Je tiens cependant à féliciter Véronique Ajarrag d'avoir fait ce choix risqué en traitant d'une civilisation qui, bien que passionnante, reste peu connue du public.

    Une lecture positive donc, avec un peu de négatif, j'ai passé un bon moment.

     


  • Commentaires

    1
    Hylonomé
    Dimanche 15 Décembre 2013 à 21:57

    C'est moi ? Ou cette histoire me rappelle vaguement l'un de mes brouillons ? ...

     

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