• Les loups de Riverdale #1 - Lucas - de H. V. GAVRIEL

    Les loups de Riverdale #1 - Lucas - de  H. V. GAVRIELRésumé : L'histoire d'amour impossible entre un loup alpha et un jeune homme au passé trouble.

    Lucas a toujours vécu en marge de la société. Traqué par sa propre famille, il n’a jamais pu poser ses bagages. Pourtant, il continue de rêver à une vie rangée : un petit copain régulier, des amis… Il pense trouver tout cela dans cette petite ville des North Cascades. Cependant le monde surnaturel n’est pas le seul à abriter le mal et le jeune homme va voir ses rêves de bonheur piétinés. Brisé, il est recueilli par Marcus. Un homme beau, fort, plus âgé, qui fait battre le coeur de Lucas. Mais Marcus est avant tout l’Alpha de la meute locale et lorsque le passé de Lucas le rattrape et que les cadavres commencent à s’empiler, la nature même du jeune homme va devenir un danger pour les loups….


    Seconde lecture de romance gay (appelée aussi M/M) pour moi, la première étant le sixième tome de The League, Cloak & Silence (=>Lire ma chronique). Cette fois, ce n'est pas de la romance futuriste mais de la romance paranormale, avec entre autres, des loups-garous. Cela dit dit j'ai hésité à classer ce roman aussi dans l'Urban Fantasy, car oui, il y a bien une romance, mais pour moi elle n'était pas nécessairement au coeur de toute l'intrigue du récit. Selon mon impression à la lecture, le but du livre n'est pas forcement que Lucas et Marcus termine ensemble, mais c'est plutôt de voir se révéler au fil des pages, les secrets de Lucas, voir son personnage évoluer sans brider sa personnalité et finalement se faire accepter tel qu'il est, et pas seulement par Marcus.

    Je n'ai pas un avis complètement positif sur ce livre, mais je vais commencer par les bons points.
    Sans être non plus extraordinairement bien ficelée, il y a une bonne intrigue de fond, associée à un personnage principal, Lucas, dont la psychologie m'a particulièrement intéressée. Même si l'attirance est mise en avant, ça ne vient pas non plus engluer tout le récit au point d'en oublier qu'il a aussi des meurtres, une enquête, de l'action, en bref, une histoire. Et c'est cette histoire qui m'a maintenue dans ma lecture, ça aurait été une romance dite "classique" homme/femme, ça aurait été pareil pour moi.

    Dans les romans, j'aime beaucoup les personnages comme Lucas. Un être brisé, en marge, qui a son caractère et du franc-parler. Ces personnages brisés, torturés, sont pour moi les plus intéressants car le lecteur a tout à découvrir et à comprendre les concernant. On veut nécessairement en savoir plus sur son passé, ce qu'il l'a détruit, etc... et la reconstruction au fil du roman est de fait, d'autant plus intéressante à voir évoluer, vers le haut ou vers le bas.
    Je dois dire que je n'ai lu qu'un avis, celui d'une amie, avant de le lire. Je n'ai même pas cherché à savoir ce que ça racontait en détails, je l'ai vraiment acheté pour tester cette littérature. Du coup, j'ignorais tout de Lucas... et je croyais simplement que je découvrirais l'histoire simple de deux loups. Quand j'ai compris qu'il n'en était rien, et ce qu'était Lucas (les citations en début de chapitre m'ont mise très vite sur la voie), à ce moment là, j'ai voulut continuer et savoir comment tout cela serait révélé à la meute de Riverdance.
    Rattrapé par ses propres secrets. Trop habitué à ne trouver aucune aide autour de lui, Lucas s'enferre dans sa douleur et sa solitude et il peine à comprendre que parfois, il y a des gens biens dans ce monde. Jusqu'à la fin, il ne veut pas s'abaisser à demander de l'aide et pour plusieurs raisons : la fierté, la peur, l'habitude.  Il a un côté fataliste assez marqué, pour lui se faire cogner et rabaisser est de l'ordre du normal, même s'il sait clairement parfaitement se défendre. Ce qui a été pour moi un problème en soi. Lucas est une vraie girouette et son comportement est bien souvent à l'opposé de ce qu'il prétend être par moment.
    Et c'est là que je vais commencer à parler des points négatifs de l'histoire. Car même si  pendant un très grande partie du roman j'ai apprécié ma lecture il y a quand même plusieurs choses qui m'ont aussi fait lever les yeux au ciel, ou dérangée je ne sais pas trop. Je m'explique...
    J'ai trouvé qu'il y avait parfois quelques longueurs - le fait d'avoir continué ma lecture jusqu'à 2h du matin y est peut-être pour quelque chose mais pas que... Des longueurs donc, associées à quelques répétitions et des dialogues souvent très mièvres arrivé à un certain stade du récit.

    Il y a beaucoup de descriptions des sentiments de Lucas qui n'étaient d'ailleurs pas toujours cohérents. Il répète à plusieurs reprises qu'il est un Homme maintenant, qu'il va se défendre, qu'il n'a plus peur,  il s'est parfaitement se battre et même tuer sans l'ombre d'un remord quand c'est nécessaire. Il y a d'ailleurs une certaine froideur chez Lucas à ce niveau là et pourtant, passer quelques pages, il pleure, il pleure sur lui-même, sur sa vie désastreuse, ses actions... mais recommence tout de même les mêmes erreurs, qu'il va regretter presque aussitôt. D'accord, Lucas est un jeune homme brisé, ce n'est plus un gamin même s'il n'a que vingt-deux ans il a grandit trop vite et dans l'horreur... et bien justement, compte-tenu de son parcours, je trouve qu'il n'agit pas toujours comme ce qu'il est : un survivant. Autant j'ai adoré le Lucas un peu badass, qui ne veut de l'aide de personne - et encore moins de leur pitié - qui répond aux flics sans ciller, le Lucas que la rue a endurci. Autant le Lucas pleurnichard et même carrément mielleux par moments, ça ne colle pas vraiment avec le reste. Le changement est vraiment trop radical, comme s'il ne traînait plus ses casseroles et n'avait aucune séquelles dès l'instant où il est accepté par Lucas. La reconstruction de l'âme c'est bien... mais pas lorsque c'est trop rapide.
    Quand on regarde bien, Lucas accumule tous les clichés des problèmes qu'un adolescent en marge pourrait rencontré. Indépendamment de son homosexualité il y a les problèmes familiaux, l'amour avec quelqu'un de plus âgé, la vie dans la rue, la prison, le rejet, l'exclusion aussi...
    Il a grandit trop vite (enfin il devrait) et pourtant, parfois il ressemble à un adolescent en pleine crise de caprice, et a un comportement presque limite par moment, de fait, sa relation avec Marcus m'a parfois mise très mal à l'aise. J'ai vraiment eu l'impression que ce dernier couchait avec un (trop) jeune garçon. Une impression renforcée par le fait que Lucas reste le meilleur ami de Léo, le fils de Marcus, qui n'a que 2 ans de moins que lui... et comme la comparaison est souvent faite, oui, ça m'a mise mal à l'aise de me dire que Markus couche avec un homme qui à l'âge de son fils... La différence d'âge ne me gêne pas, mais avec Marcus, j'ai eut l'impression que Lucas devenait un gamin. C'est même lui-même qui pense chercher ou voir en Marcus la figure paternelle qu'il n'a jamais eut... et Marcus lui-même la plupart du temps, le traite comme un enfant. Difficile du coup de faire la part des choses.

    J'ai aussi trouvé dommage que l'enquête personnelle de Lucas passe un peu à la trappe, elle n'est clairement pas assez mise en avant et presque trop rapidement bouclée. Après tout, c'est aussi une part de ce qu'il est, ça m'aurait plus de creuser un peu plus de ce côté là. 

    Il y a aussi un "raccourci" qui m'a un peu gênée. Pour la moi, la révélation des Cleary : "On est des loups-garous", bâclée en un paragraphe... mouais, d'autant plus que ça n'a n'étonne personne que Lucas n'est même pas l'air surpris et qu'il le prenne si bien. Son impassibilité aurait été compréhensible pour eux s'ils savaient ce qu'est Lucas, mais comme ce n'est pas le cas à ce moment là, c'est étonnant. Si l'idée c'est de se dire : "Comme il est gay, il sait ce que c'est d'être différent, donc il accepte l'idée des loups-garous"... je trouve ça un peu trop facile et réducteur. Et c'est vraiment l'impression - peut-être fausse - que j'ai eut face à ce passage en particulier.

    Et la fin... que j'ai trouvé vraiment bâclée comparée à l'ensemble. Mon état d'esprit va peut-être paraître étrange, mais pour que la fin eut été cohérente, en ce qui me concerne, j'aurais préféré qu'il n'y ait même pas d'épilogue, et donc pas d'happy end...oui je sais, ça aurait complètement à l'encontre des codes littéraires d'un livre de romance. Mais en soi, ça aurait été plus logique... quitte à revenir dans un autre livre sur les mêmes personnages principaux, et développer une éventuelle réconciliation le temps d'un livre entier. Pas juste un épilogue ! Parce que là merci, mais c'est un peu trop facile.

    Je suis du coup assez sceptique quant à la suite...pour moi le livre un se suffit à lui tout seul.  Le synopsis du second tome ne m'inspire tout simplement pas. Peut-être parce que le héros est Léo, le fils de Marcus, qui pourtant hétéro, va finalement comprendre qu'il est gay... le scénario rappelle un peu trop celui de son père pour moi.

     

     

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :