• (Outlander) Tome 6 : La neige et la cendre (A Breath of Snow and Ashes)

    (Outlander) Tome 6 : La neige et la cendre (A Breath of Snow and Ashes)Titre original : Outlander - Book 6 - A Breath of Snow and Ashes
    Année de publication originale : 2005
    Année de publication française : 2006 et 2007 (Presses de la Cité)

    En France, ce livre - A Breath of Snow and Ashes - a été divisé en deux tomes :
    La Neige et la cendre (Presses de la Cité -  624 p. ; France Loisirs - 919 p.)
    et Le Temps des Rêves (Presses de la Cité -  696 p. ; France Loisirs - 1079 p.).
    Puis réédité par J'ai Lu en un seul volume, La neige et la cendre, reprenant ainsi la mise en forme originale.

    Résumé :
    1772, à l'aube de la révolution américaine, nous retrouvons Claire et Jamie au coeur de la tourmente. La rébellion gagne Boston et des cadavres gisent dans les rues tandis qu'en Caroline du Nord, les cabanes s'embrasent dans la forêt...

    (Outlander) Tome 6 : La neige et la cendre (A Breath of Snow and Ashes)La colonie toute entière est en émoi, et le gouverneur Josiah Martin a besoin d'une personnalité charismatique capable d'unir l'arrière-pays et d'apaiser les ressentiments des colons et des Indiens. De l'avis de tous, Jamie est l'homme de la situation.
    Mais les choses ne sont pas si simples, Claire sait que, d'ici trois ans, on tirera le premier coup de feu dont l'écho retentira partout dans le monde. et que la guerre se soldera par l'indépendance. Mais, par dessus tout, plane la menace révélée par une coupure de journal, retrouvée dans une gazette du XXème siècle, faisant état de la destruction de leur maison et du décès de ses occupants, Jamie et Claire...


    Fraser's Ridge, 1772
    La guerre d'Indépendance approche, encore trois ans... mais des tensions se font déjà sentir dans les colonies et les échos de la guerre de Régulation se ressentent encore. Entre les Whigs et les Torries, les Loyalistes, les colons, les indiens... qui est responsable des meurtres et des incendies qui ont lieux en Caroline du Nord, et même à deux pas de Fraser's Ridge ? Diana Gabaldon continue sa fresque historique avec un peu plus de rythme et de mouvements que dans le livre précédent, La croix de feu. Cette fois, on sent le conflit à venir, et voilà Jamie recruté en tant qu'Agent Indien. Sa mission est alors de convaincre les indiens de se battre pour la Couronne, ce qui n'est pas si simple quand on connait comme lui, l'issue de la guerre qui se profile. Il sait qu'il va devoir, à un moment ou à un  autre, rallier les rebelles.

    Et pourtant, la vie des colons suit son cours... indépendamment des problèmes militaires, nous sommes comme toujours plongés dans la vie quotidienne des colons aux XVIIIème siècle. On sent aussi une certaine forme de nostalgie qui s'empare de tous les habitants de Fraser's Ridge. Il y a en effet beaucoup de souvenirs évoqués, de la vie d'avant, de l'Écosse, de la révolution jacobite, de Culloden ou encore de la prison d'Ardsmuir pour Jamie et ses compagnons d'armes. A commencer par une "rencontre historique", en la personne de Flora MacDonald, fraîchement débarquée dans les colonies, véritable héroïne jacobite. Cette partie en particulier montre à elle seule que l'esprit de rébellion est toujours présents chez les anciens d'Ardsmuir et la majorité de leurs compatriotes. L'esprit jacobite plane encore un peu dans les colonies malgré leur appartenance - forcée en somme - à l'armée britannique. Si tous crachent maintenant sur le pleutre Bonnie Prince Charlie, Flora elle, est accueillie comme il se doit - en grande pompe et avec des tonneaux de whisky ! Elle va faire vibrer la corde jacobite parmi les convives.

    De plus en plus, on voit Brianna partagée entre la joie d'être avec ses parents - et surtout ce père qu'elle a apprit à connaître et à aimer - et ce regret de plus en plus pesant de sa vie d'avant, au XXème siècle. Elle évoque souvent avec Roger, toutes ces petites choses du quotidien anodines mais qui lui manque ; elle s'occupe l'esprit en cherchant à créer certaines choses qui pourraient améliorer le quotidien à Fraser's Ridge. Ainsi se met-elle, avec l'aide providentielle de Lord John Grey, à fabriquer des allumettes, par exemple. Elle consigne dans des cahiers ses rêves, des rêves du XXème qu'elle ne peut pas partager, des souvenirs de son père Frank... en réalité, Brianna se retrouve face à un constat brutal : tout le danger qui pèse sur la vie des hommes et des femmes à cette époque. Les guerres, les épidémies... elle aimerait retrouver la sécurité qu'elle avait, mais voudrait rester avec sa famille. Cette "envie de modernisme" atteint aussi Roger qui va construire des petites voitures en bois pour Jemmy, comme s'il voulait que son fils connaisse lui aussi cette époque sans la connaître vraiment...

    Brianna est très proche de son cousin Ian, à qui elle se confie, indépendamment de ses discussions "modernes" avec Roger. L'un comme l'autre ne se sent pas vraiment à sa place. Ian m'a beaucoup émue dans ce livre, lorsqu'il se confie enfin à Brianna sur sa famille et sa vie parmi les Mohawks, ce qui l'a poussé à partir. Lui aussi se rappelle de sa vie d'avant, s'interroge sur ce qu'il est : indien ou écossais ? Et se demande si un jour, il reverra sa mère.

    Mais la plus grande vague émotionnelle concerne Fergus, atteint d'un mal-être qui va au-delà d'une simple remise en question : il sent inutile. Il se sent diminué par son handicap, incapable de subvenir à sa famille, incapable de la protéger. Il a de plus en plus de mal à l'accepter. Sa désinvolture à l'évocation de sa main coupée, qui avait tellement désarçonnée Claire quand elle l'avait appris à l'époque, a laissé la place à un rejet de son infirmité. Personne ne comprend l'ampleur de son mal-être avant la naissance sur son petit dernier, Henri-Christian, qui est atteint de nanisme. Je me suis sentie aussi triste, aussi choquée que Claire en apprenant qu'il avait essayé de mettre fin à ses jours. Le petit garçon dynamique qui courait dans les rues de Paris avec Jamie est bien loin...

    A la lecture, j'avais l'impression de voir un réel tournant s'opérer autant dans la trame de l'histoire que dans la vie et l'état d'esprit des différents personnages. Un peu comme si une page se tournait pour laisser place à une autre. Le problème Stephen Bonnet trouvera une solution définitive dans ce livre, et avec lui sera confirmée la paternité de Roger, libérant ce dernier et Brianna de ce fantôme encombrant. La naissance de la petite Mandy (Amanda), viendra consolider le couple, qui semble enfin harmonieux et solidaire.
    Je dois dire que face à la mort de Stephen Bonnet, des sentiments ambigus se sont bousculés dans ma tête. Je haïssais Jack Randall par ses actes et ce qu'il représentait, j'ai aussi détesté Stephen Bonnet mais... Diana Gabaldon a sut faire de sa mort un moment tragique et pleins d'émotions. J'ai vraiment eut pitié de lui, comme Brianna.
    C'est aussi le départ de Jocasta pour le Canada ; la rencontre tardive de Brianna et William (même si seule Brianna connaîtra le lien qui les unit) ; le départ de Fergus et Marsali pour New Bern, où ils vont trouver une indépendance qui manquait à Fergus. Tout ce qui était laissé "inachevé" (ou presque) va en quelque sorte se finaliser dans ce livre. Une nouvelle vie commence pour tous les membres de la famille Fraser, il se passe beaucoup de choses qui l'une dans l'autre, montrent qu'à partir de ce livre, beaucoup de choses vont changer.

    Un autre voyageur du temps apparaît brutalement dans la vie de Claire... l'agression dont elle va être victime va faire resurgir chez elle et Jamie les souvenirs cauchemardesques d'Ardsmuir, et le traumatisme. Cette page là de leur histoire n'était pas encore tournée et il faudra encore quelques temps avec qu'elle ne s'efface complètement.

    Je dois dire que Diana Gabaldon a sut me surprendre en renvoyant Roger et Brianna à leur époque. au cours des dernières chapitres. Même si, avec le recule, ce retour nécessaire (et même vitale) sur le moment, était annoncé entre les lignes depuis un moment. Sur ce point en particulier, je dois dire que les adieux de Brianna à Lord John étaient de loin les plus émouvants pour moi. Leur amitié  est sincère depuis leur rencontre, on sent une réelle tristesse à l'idée qu'ils ne se reverront plus... et lui offrira la chevalière d'Hector, par l'intermédiaire de Jamie. Ce court passage avec la chevalière d'Hector, qu'il n'a pas quitté depuis son amant lui a offerte avant Culloden m'a marqué pour plusieurs raisons. La première, c'est qu'il la donne son vraiment hésiter malgré tout ce qu'elle représente pour lui, car, même s'il ne sait pas pourquoi, elle peut aider Brianna. La deuxième, parce qu'à cet instant précis, on sait tout l'amour qu'il ressent encore pour James Fraser, car depuis Ardsmuir, il garde aussi la pierre que Jamie lui a donné. A cet instant précis donc, il choisit Jamie et laisse derrière lui le souvenir d'Hector... ça peut paraître anodin mais c'est vraiment un de mes moments préférés, rien que pour ce qu'il représente.

    Avec ce nouveau voyage dans le temps, Diana Gabaldon offre une nouvelle dynamique à son récit, et élargi du même coup les possibilités scénaristiques tout en renforçant l'aspect fantastique de son histoire, qu'on a parfois tendance à oublier.

    Mais pourquoi sont-ils repartis ? Et l'incendie dans tout ça ?
    Pour le savoir, plongez vous dans le roman !


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