• Ravages, de Louisa Young

    Ravages, de Louisa YoungRésumé :

    Ils se sont battus côte à côte dans les tranchées des Flandres quatre années durant, ils sont revenus en Angleterre, l'un totalement défiguré, l'autre sombrant dans l'alcool et se réfugiant dans un univers peuplé de fantômes, aussi dévasté psychologiquement que son camarade l'est physiquement.. Les dégâts sont lourds et les séquelles tenaces ; la réadaptation est un défi permanent. Trouver du travail quand la seule vue de votre visage fait fuir n'est pas chose aisée... mais Riley Purefoy a de la ressource. Quant à Peter Locke, au moral une épave, le chemin pour qu'il se retrouve sera long et tortueux... Les femmes qui les ont longuement attendus sont elles aussi déboussolées...

    J’ai découvert par hasard cette suite de Je voulais te dire, et je l’ai donc ajoutée sans réfléchir à ma pile de livres à lire cette été (et plus précisément, en juillet). Si je voulais te dire mettait en avant une part de l’histoire de la Première Guerre Mondiale souvent peu expliquée, si elle n’est pas volontairement oubliée parfois, blessé de guerre, le héros, Riley Purefoy, compte parmi les nombreuses gueules cassées.


    Plus court que le premier roman, je dirais même trop court, Ravages nous montre l’après, l’après-guerre, le retour des soldats. Et la difficulté pour beaucoup, du retour à la vie civile parmi une population qui ne veut qu’une chose : oublier. Riley accepte mal ce nouveau visage qui inspire de la pitié ou de l'horreur selon les cas, chez tous ceux qu'il croise. Il ne sait comment retrouver sa place dans un pays qui l'exclu malgré les quatre ans de sa vie qu'il a sacrifié pour sa patrie. Quant à Peter, il retrouve une femme changée et un enfant timide qu'il ne connait pas réellement. Il noie son chagrin dans l'alcool et trouve un réconfort très illusoire en lisant sans cesse l'Iliade et l'Odyssée.

    Les deux hommes ont combattu ensemble. L'un est blessé physiquement, l'autre psychologiquement. Peter est en plein choc post-traumatique, mais en 1918, personne ne connait ou reconnait comme réel ce mal. Ce qui le ronge, c'est d'avoir survécu, alors que tous ses hommes sont morts dans les tranchées. Et il vit avec une femme qui ne comprend pas son malaise. Pour elle, il n'est pas blessé, il est vivant, alors quoi ?

    Peter s'isole, ne supporte même plus la présence de son épouse, dans ses cauchemars qui le hantent, il est toujours "là-bas" et tente d'oublier dans l'alcool. Riley lui, essaie de construire la vie de couple dont il a toujours rêvé avec Nadine mais il doute de pouvoir un jour avoir une vie si "normale".  La vie n'est pas simple pour leurs épouses, l'une et l'autre essaie de mieux qu'elles peuvent de les soutenir, Nadine est celle qui peut le mieux comprendre, ayant été infirmière, sans avoir les combats, elle en a vu les ravages. Nadine de son côté n'a jamais essayé de voir ou de comprendre, elle comprend qu'il y a un problème, mais n'en mesure pas la gravité. Et son couple en souffre.

    Comme pour Je voulais te dire, le récit alterne entre la vie des deux hommes. Si pour le premier, le parcours de Riley piquait plus mon intérêt, dans le cas de Ravages, c'est Peter Locke qui m'a le plus touché. Car oui, Riley est repoussé, mais lui, il est tout simplement incompris. Seul Riley comprends ces cauchemars, ce besoin presque irrationnel de retourner au front car chez lui il ne se sent plus "à sa place". Le point négatif du roman est vraiment, pour moi, sa longueur. Je l'aurais souhaité plus long, car je suis restée un peu sur ma faim...

    Oui mais... comme c'est souvent le cas lorsque qu'un auteur me touche, je suis aller fureter sur son site officiel. Une "suite" va arrivée au printemps 2016 en Grande-Bretagne. Je sais quoi ajouter à ma liste des "livres à acheter".

    A tout ceux qui ont lu et aimé Je voulais te dire, je conseille de se plonger dans Ravages. C'est un livre superbe, que j'ai particulièrement apprécié. Il met en avant une situation qui est toujours d'actualité, pour des conflits plus récents, c'est aussi un bel hommage aux soldats tombés pour leur pays.

    Dans quelques mois, je vous ferais sûrement une petite chronique sur Devotion...



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